Le coût des performances

Après une première introduction à la problématique de la performance des SI, il est nécessaire de se préoccuper du coût des performances. La raison pour laquelle il n’y a pas de vérité absolue en matière de performance est que les trois points de vue essentiels à optimiser (le travail à effectuer, le temps imparti et les ressources utilisées) sont à équilibrer par rapport à des critères objectifs. L’un de ces critères essentiel est le coût. Ce n’est sans doute pas le seul critère (il y en a d’autres, comme la qualité de service, qui peuvent influer sur le comportement des utilisateurs ou des clients de manière indirecte), mais c’est en tout cas le plus objectif.

On distingue deux coûts à équilibrer : le coûts des ressources employées et le coût du temps consommé par le SI.

le coût des ressources employées.

Ce volet du coût est le plus simple à mesurer,  même si le plus souvent il ne l’est pas de manière satisfaisante :

  • ni complètement : le coût complet des ressources n’est pas si trivial à évaluer. Amortissement des investissements matériels, coûts de licence des logiciels, maintenance, opérations, coûts indirects de m2 ou de climatisation de  l’hébergement, etc.
  • ni analytiquement : quelle est la contribution de chaque fonction/usage au  coût des ressources ? La difficulté est à ce niveau double : avoir la capacité de tracer l’usage des ressources par les fonctions/utilisateurs et d’autre part discerner ce qui réellement dimensionne les ressources. Par exemple, un système peut être taillé pour supporter une activité transactionnelle de jour très lourde, et du coup, le coût de l’usage des (ou de certaines) ressources pour les traitements batch est sans influence sur le coût total.

le coût du temps consommé par le SI.

Il s’agit du temps pendant lequel les utilisateurs ou l’entreprise  ou les clients attendent ou travaillent à la place du SI. La valorisation de ce coût est très variable selon l’usage :

  • 10 secondes d’attente d’un utilisateur à chaque transaction représente peu si l’utilisateur utilise la fonction une fois par jour, beaucoup plus si l’utilisateur l’utilise
    des centaines de fois. Si très peu d’utilisateurs sont concernés, le compromis peut rester acceptable, surtout si la solution apporte par ailleurs des bénéfices.
  • En deçà d’un certain seuil (< 300 ms pour une fonction interactive par exemple) un gain de temps n’est plus pertinent, et ce surtout si ce gain correspond à une unité
    de travail de l’utilisateur naturellement associée à une rupture de charge (comme le passage à la facture suivante à traiter).
  • Le coût du temps est toujours délicat à valoriser. C’est une notion élastique qui est  souvent liée à l’organisation du travail ou du modèle d’activité de l’entreprise (selon le modèle d’activité, le temps de traitement SI est ou n’est pas un enjeu de compétitivité). Selon les activités il y a ou non des enjeux associés au temps de réponse ou au temps de traitement.
  • Il y a également quelquefois à considérer le coût d’un défaut de service : certains problèmes de performance (notamment lors de pics d’activité) peuvent créer une
    indisponibilité dont les conséquences financières peuvent être très graves.

Pour équilibrer ces coûts, un troisième coût est à prendre en compte : le coût d’optimisation ou d’alignement de la solution pour réduire l’usage des ressources et/ou réduire le temps de traitement. Ce coût est à considérer comme un investissement pour améliorer l’efficacité. L’optimisation suit souvent le principe de Pareto : 80% des
gains sont relativement faciles à obtenir mais les derniers 20% coûtent très chers à obtenir. Il faut donc toujours mesurer la valeur marginale des gains en comparaison des coûts engagés. Et les gains les plus forts ne sont pas toujours à attendre des investissements les plus lourds.

Cette approche de valorisation des coûts (et des bénéfices) du SI est d’ailleurs une approche d’analyse de la valeur qui va bien au-delà de la performance d’une application. Elle devrait s’appliquer comme dans l’industrie aux fonctions offertes par le SI aux utilisateurs comme moyen d’arbitrage des fonctions à implémenter dans le SI.

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